| ALPHA CONDE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE GUINEE |
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| « Pas de crise permanente entre Dakar-Conakry » |
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| Publié le 10/10/2011 | 03H19 GMT par Dame BABOU
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| Le président guinéen, Alpha Condé relativise après sa grosse pierre jetée dans le jardin de son voisin sénégalais dernièrement. Interrogé par notre correspondant permanent aux Etats Unis, Dame Babou sur l’ombre noté dans les « sénégalo-guinéennes» aux lendemains de de la tentative d’assassinat à son encontre, le chef de l’Etat guinéen qui n’avait pas hésité un seul instant à pointer d’un doigt accusateur Dakar, calme le jeu. « Non ! Je pense qu’il n’y aura pas de crise permanente entre les deux pays. Les présidents passent, les peuples restent », a-t-il répondu, relativisant sa sortie précédente dans les colonnes de nos confrères de l’Enquête et sur les ondes de Sud FM, même s’il n’absout pas encore le régime sénégalais de toute responsabilité dans cette affaire. |
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Le président Alpha Condé se veut rassurant quant aux rapports entre son pays, la Guinée et le Sénégal. « Il n’y aura pas de crise permanente entre les deux pays. Les présidents passent, le peuple reste ». Revenant pour Dame Babou sur sa version des faits qui ont secoué récemment son régime, il déclare : « Il se trouve que certains grands commerçants et certains hommes politiques se sont refugiés à Dakar, en espérant que le pouvoir ne va pas durer, puisque la situation économique et financière était catastrophique et l’armée indisciplinée n’a pas caché qu’elle préparait une attaque contre mois, j’ai informé certaines puissances. Quand cela a eu lieu, le président Wade m’a envoyé son ministre des Affaires Etrangères, M. Madické Niang. Je lui ai dit clairement que c’est à Dakar que ça s’est fait. Il a dit que le Sénégal a manqué de vigilance. J’ai dit que ce n’était pas seulement un manque de vigilance. »
Ce qui ne l’empêche pour autant de tourner la page « parce que le peuple guinéen et le peuple sénégalais sont des peuples frères. Il n’est pas question de revenir en arrière. La Guinée s’est engagée sur la voie démocratique. Mon objectif est d’approfondir cette démocratie. Je dois avoir par conséquent les meilleurs rapports avec les pays voisins. Dieu merci, je suis toujours vivant, donc j’ai tourné la page ». Interrogé sur l’importance de la communauté guinéenne au Sénégal et son rôle dans la marche politique de son pays, Alpha Condé relativise. « Je ne pense pas qu’il y a deux millions de Guinéens au Sénégal. Le peuple guinéen et le peuple sénégalais sont des peuples frères. Ils sont appelés à vivre ensemble. Ce que je souhaite, en tant que panafricain, c’est l’Unité africaine, d’abord en commençant par l’Afrique de l’ouest. La solidarité entre le peuple de Guinée et celui du Sénégal devrait dans ce care l’emportait sur tout. Les peuples guinéens et sénégalais doivent se donner la main. Je pense que la cohabitation entre ces deux pays doit continuer car nous sommes des pays frères ».
L’instabilité sous-régionale
Que pense-t-il de l’environnement sécuritaire de la Guinée tributaire d’un environnement sous-régional, voire régional bien instable ? « C’est évident qu’il y a un grand problème », répond le chef de l’Etat guinéen nouvellement élu, mais déjà plongé dans les affres d’une gestion de la République. « Il y a la circulation des armes légères, il y a eu des guerres civiles, les refugiés… Il y a des risques de déstabilisation de la sous-région, parce que beaucoup de gens ont quitté la Côte-d’Ivoire avec des armes. Nous devons essayer de nous donner la main pour combattre la circulation des armes légères, et empêcher également la déstabilisation d’un quelconque pays parmi nous. Nous avons fait une réunion à Monrovia et la Côte-d’Ivoire est devenue un membre à part entière de notre organisme. Avec la Sierra-Léone, la Guinée, le Libéria, la Côte-d’Ivoire et peut-être demain, la Guinée Bissau, nous devons faire en sorte qu’on se mette ensemble pour lutter contre la circulation des armes légères et des prétendus combattants », indique-t-il.
L’invite au retour à la diaspora
A la question de savoir ce qu’il offrait à sa diaspora pour que celle-ci investisse plus massivement au pays, le chef de l’Etat guinéen a répondu : « Je leur dis simplement que la situation a changé. Il ne faut pas que les gens croient que la Guinée est contre la diaspora. Si la Guinée était contre la diaspora, je ne serais pas président, parce que je suis de la diaspora. Avant, quand les investisseurs arrivaient chez nous, ils étaient confrontés à toutes sortes de tracasseries. Les gens leur prenaient de l’argent. Je peux leur donner la garantie que la Guinée a changé, qu’ils seront bien accueillis. Aujourd’hui pour créer quelque chose en Guinée, il faut une semaine alors qu’avant, il fallait trois mois. J’ai vu la Banque mondiale et la Banque africaine de développement pour nous aider pour le retour des cadres Guinéens en leur payant un salaire d’assistant technique. Je dis à ces cadres qu’’ils peuvent venir investir sans être obligés de donner des pots de vin ». Soutient-il Nafissatou Diallo, ressortissante guinéenne la protagoniste de Dominique Strauss Khan dans l’affaire de meurs qui a défrayé la chronique? Bien entendu, réplique-t-il. « La Guinée défend ses citoyens partout où ils sont. Elle défendra ses enfants comme la France défend ses enfants. Maintenant, je regrette ce qui est arrivé à Dominique Strauss Kan parce que c’est un camarade ».
La Ceni de la discorde
Pour le président Condé, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de la Guinée a fait son unité. « C’est elle-même qui va organiser les locales et les législatives. Le problème, c’est que les gens ne veulent pas aller à des élections et trouvent des prétextes. Il faut qu’on donne à la Ceni les moyens pour qu’elle organise des élections libres et transparentes. Nous voulons que les élections soient inclusives que tous les Guinéens en âge de vote puissent voter. C’est une polémique inutile. Des gens qui savent que l’évolution les condamne à disparaitre de la scène politique. Ils veulent faire du chantage ».
Réconciliation nationale
« Nous avons créé une commission provisoire et nous avons mis à la tête le grand Imam de la Grand Mosquée et l’Archevêque, Mgr Coulibaly. Nous voulons associer tous les Guinéens, toutes les ressources Humaines et la Sages à travers le projet pour réfléchir ensemble aux meilleures conditions de réconciliation Nationale. Nous pensons que chaque pays doit choisir en fonction de son histoire de sa culture et de ses problèmes ». Qu’en est-il de la suite donnée aux massacres du septembre ? « La Guinée doit se regarder en face et assumer ses responsabilités. Le 28 septembre était un tournant comme d’autres dans la violence en Guinée. Pour le moment, il est évident que tout homme est présumé innocent tant qu’il n’est pas condamné, la justice est entrain de suivre le dossier, la Cours pénale internationale va intervenir en cas de défaillance. Encore une fois, il ne faut pas particulariser les événements du 28 septembre. Au camp Boiro, il y a eu aussi beaucoup de morts », rétorque-t-il.
Recueillis depuis New York par Dame Babou, Transcrits par Aïssatou DOUCOURE stagiaire & M. F
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