CASAMANCE-LES MINES TUENT ET APPAUVRISSENT LES COLLECTIVITES
794 victimes, villages dépeuplés, champs et troupeaux abandonnés
Publié le 07/02/2012 | 05H12 GMT par Moussa DRAME
 
Une récente estimation dénombre une soixantaine de mines anti personnelles et anti chars sont découvertes ces dernières semaines en Casamance. C'est le résultat des opérations de ratissage dans le nord Sindiang. Le centre d'action anti-mines estime à 794 le nombre de victimes de mines depuis le début du conflit.
 
Ces engins ont infesté des villages entiers et des champs de culture entrainant une pauvreté grandissante dans les régions méridionales du Sénégal.
Héritage de l'un des plus vieux conflits armés encore en activité en Afrique Subsaharienne : les mines enfouies dans le sol casamançais, sont meurtrières. Elles ont pollué par leur nombre toute la région naturelle du Sud Sénégal.

La semaine dernière, une douzaine de ces engins dont dix antichars ont été déterrés dans le nord Sindiang (département de Bignona) dans le cadre   des opérations de ratissage de l'armée. Le cumul porterait à près de soixante mines récemment extirpées des sols. Les statistiques du centre national d'action anti-mines au Sénégal sont effarantes.

  « Depuis 2008, 163 mines sont découvertes et une superficie de 212.149 m_ dépolluée. De 1988 à nos jours, 794 victimes de mines sont enregistrées dans la région dont 32 en 2011 et six depuis janvier. Mais ces statistiques ne concerne pas le nord Sinthiang dans le département de Bignona où nous n'avons toujours pas de chiffres en raison de l'insécurité qui y règne » a déclaré Sény Diop de  la division de l'Education aux risques et l'assistance aux victimes de Ziguinchor.

 Certains secteurs dans l'arrondissement de Niassia sont jugés les plus pollués. La cartographie situe également l'ouest du Balantacounda, frontalier à la Guinée-Bissau sur la liste rouge des zones minées. Ces engins qui continuent la guerre après la guerre expliquent la pauvreté ambiante dans plusieurs contrées des régions sud du pays.

Bon nombre de paysans ont abandonné leurs terres devenues infestées par ces engins de la mort, véritables armes de lâches. Il en est de même des éleveurs et d'autres travailleurs qui ont investi d'autres créneaux porteurs. Cette insécurité a dépeuplé beaucoup de villages, notamment dans la communauté rurale de Santhiaba Manjacque en basse Casamance, contraignant leurs occupants à s'exiler vers d'autres cieux jugés plus cléments.  Certes, les travaux de déminage sont bien en cours dans la région mais la découverte de nouvelles poses rappelle à bien des égards le mythe de Sisyphe, un éternel recommencement.
 
 
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