| GHANA |
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| Gyan, ange ou démon ? |
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| Publié le 10/02/2012 | 04H48 GMT par Abdoulaye THIAM
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| Conspué par son public au stade Ohene Djan d'Accra, après une kyrielle d’occasions vendangées face à la Namibie en 2008. Un penalty manqué à la 120ème minute en quarts de finale de Coupe du monde en 2010 au Soccer City Stadium face à l’Uruguay. Un autre raté devant la Zambie en demi-finale de la Can 2012. Asamoah Gyan, héros du Royal Bafokeng, devant les Etats-Unis est-il un ange ou un démon ? |
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(Envoyé Spécial à Libreville) – Asamoah Gyan est loin d’être Anthony Yeboah encore moins Abedi Ayew Pelé. Mais, il est aussi célèbre que ces deux icônes du football ghanéen pour ne pas dire africain. La seule différence, c’est que Pelé ou Yeboah ont écrit leur nom en lettres d’or dans le palmarès des «Black Stars». Tout le contraire de Gyan. Si, c’est grâce à un but de Asamoah que le Ghana a rejoint le cercle très restreint des sélections africaines ayant disputé une quart de finale de coupe du monde (le Cameroun en 1990 et le Sénégal en 2002), Gyan a privé le continent d’une place en demie.
Puissant attaquant, doté d’une force naturelle, le sociétaire d’Al Ain (Emirats Arabes Unis), qui a une façon toute particulière de célébrer ses buts, s’est encore fait remarquer d’une façon peu enviable lors de la 28ème édition de la Coupe d’Afrique des nations «Gabon/Guinée-Equatoriale».
Tireur attitré des penalties au sein de sa sélection, Gyan avait une belle opportunité de se racheter en envoyant son pays vers sa neuvième finale de l’histoire. Mais les démons des 9,5 mètres, refusent de quitter son pied droit.
Si ce n’est pas le poteau qui renvoie ses frappes, ce sont les gardiens qui s’interposent sur les trajectoires de ses tirs. Le portier du club sud-africain de Free State Stars, Mweene Kennedy en était un mercredi dernier au stade de Bata.
La suite est connue. Le Ghana archi favori de cette demi-finale s’est inclinée (1-0), devant une équipe zambienne qu’il a littéralement dominée.
Le même scénario s’est produit en Afrique du Sud. L'attaquant des «Black Stars», a préféré aller dans les terres de Nelson Mandela pour être un héros maudit. Auteur de trois des cinq buts de son équipe, Gyan avait encore brillé par son manque de régularité dans le mondial sud-africain où il a été utilisé comme seul attaquant de pointe par le serbe Milovan Rajevac.
Buteur sur penalty (85ème minute) devant la Serbie le 13 juin 2010 à Pretoria, Gyan avait récidivé face à l'Australie le 19 juin 2010 à Rustenburg.
Mais c'était surtout dans le Royal Bafokeng qu'il a sorti le grand art. Ce 26 juin 2010, en huitièmes de finale face aux Etats-Unis, l'ancien attaquant de Rennes résiste à la charge du capitaine des Américains Carlos Bocanegra avant de décrocher un missile hors de portée de Tim Howard.
A la fin du match, il déclare : "Nous avions déjà atteint les huitièmes en 2006 et maintenant nous sommes allés un peu plus loin. Je suis vraiment très heureux. Le plus heureux des hommes. Le Ghana est très fier de nous, mais aussi le reste de l'Afrique". L'homme le plus heureux ne savait pas ce qui l'attendait en quart de finale face à la Céleste d'Uruguay. 120ème minute, alors que les deux formations étaient à égalité parfaite (1-1), il avait la balle de l'histoire au bout de son pied suite à un penalty commis par Luis Suarez. Les 84.000 spectateurs de l’irréel Soccer City Stadium, des millions des supporters du Ghana et de l'Afrique se voient déjà en demi-finale. Malheureusement pour lui, son pays et son continent, les démons de sa maladresse vont refaire surface. Sa balle percute la barre transversale. La suite se passe de commentaires. Le héros est maudit. Asamoah Gyan qui croyait avoir pris sa revanche sur ses détracteurs et surtout sur son peuple qui l'a humilié, lors de la Can 2008 chez lui, retombe de plus bas. Comme ce fut le cas mercredi dernier.
Pour rappel, sa famille avait été menacée de mort. Et les deux frères Asamoah et Baffour avaient même envisagé de quitter la sélection. Gyan avait été conspué par le public du stade Ohene Djan d'Accra pour ses occasions manquées contre la Namibie. Un torrent de critiques acerbes des médias s'en était suivi. Après ce raté énorme, Gyan, le héros de toute une Nation, rappelle encore ces mauvais souvenirs.
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