L’école Sud Communication
Publié le 08/04/2011 | 09H41 GMT par Mbaye Sady DIOP
 
Pendant plusieurs jours, je me suis demandé si j’avais le droit de me taire au moment où le Groupe Sud communication fête un quart de siècle de présence dans le milieu médiatique sénégalais D’abord, je me suis dit oui, car mon statut et surtout l’obligation de réserve que certains ne manqueront pas de m’opposer, étaient un frein à ce désir ardent de parler de ce groupe de presse qui à un moment de ma vie, a participé à ma formation et m’a marqué. A vie.
 
Mais le désir est si fort, que je n’ai pas pu m’empêcher de me remettre devant mon ordinateur pour parler de mon cheminement avec Sud com.


Etudiant au département de philosophie de l’Université Cheikh Anta Diop, mon activité première consistait non pas à lire des journaux, mais les journalistes du mensuel Le Monde Diplomatique, du quotidien Le Soleil . Mais ceux que j’appréciais par-dessus tout, étaient ceux des différentes publications du Groupe Sud Com. Quoi qu’il ait pu m’en coûter à cette époque-là, une partie de ma bourse était destinée à payer les frais de mon abonnement à ces journaux-là. A force de lire les signatures des articles de Sud, je m’étais habitué à eux et mon imagination m’amenait à les considérer comme étant mes voisins de chambre. Je me réveillais et je me couchais chaque jour avec eux. Je garde encore les numéros de Sud Magazine traitant de la Mauritanie. Les contributions du Professeur Kader Boye, Doyen de la Faculté des Sciences juridiques puis Recteur de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, sont gravés dans ma mémoire. C’était une période où  Sud Hebdo  était classé journal de gauche ou des intellectuels.


Ma passion pour les journaux que j’ai cités, ne s’est pas émoussée, quand je suis sorti de l’Université et son département (contestataire) de Philosophie,  pour me retrouver dans une autre  école, celle là de la police. D’ailleurs, certains de mes collègues ne me démentiront pas.  C’est là qu’ils ont appris à lire Le Monde Diplomatique mais surtout  Sud Quotidien. Babacar Touré, Abdoulaye Ndiaga Sylla, feu Ibrahima Fall, Abdou Latif Coulibaly, Vieux Savané nous étaient devenus familiers sans que nous les connaissions. Nous les lisions et discutions avec passion de leurs articles.



Quelques années plus tard, la première radio privée du Sénégal, Sud Fm Sen Radio naquit et devint ma radio préférée. Un jour, dans l’exercice de mes fonctions, j’ai rencontré celui-là que je continue d’appeler « Directeur » : Chérif Elvalide Sèye. Le temps d’une discussion au commissariat central de Dakar, je lui ai fait part de mon envie d’apprendre le journalisme. Curieux de connaître mes raisons, il me dit qu’il allait voir ce qu’il pouvait faire pour moi. Quelques jours plus tard, Chérif chercha à plusieurs reprises à me joindre sans succès, avant de tomber sur l’adjoint au commissaire de Dieuppeul de qui je dépendais directement. Il lui laissa un message. « Dites à l’inspecteur Diop de me contacter ». Le message me fut transmis mais non sans étonnement du messager. Il faut dire que quelques jours plus tôt il m’avait vu discuter avec Chérif. En m’informant du désir de Chérif de me voir, il n’a pas pu s’empêcher de me demander ce que je pouvais bien faire avec un journaliste.  Je lui expliquais alors mon entretien avec ce dernier. Immédiatement, il me proposa de m’accompagner pour rencontrer Chérif, car dit-il : « avec les études, il ne faut pas traîner ».

A notre arrivée un après-midi à l’immeuble Fahd nous fumes reçus par Chérif qui invita Abdou Latif Coulibaly, Directeur de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Information et de la Communication qui venait d’être créé par le Groupe Sud,  à se joindre à nous. A ce dernier, il lui dit : « je te présente un policier qui veut s’inscrire à l’Issic ». Un entretien plus tard avec Latif, me voilà inscrit en première année du Diplôme supérieur en journalisme, nous étions en 1999.


Puis arriva l’année 2000. Comme quelques étudiants inscrits à ce diplôme, je me retrouvais à Sud Fm. Nous nous « démultiplions » pour  être à la hauteur de l’attente que le peuple sénégalais avait placée en nous. Etudiant le matin à l’Issic, reporter le soir ou chargé d’appeler les correspondants régionaux de la radio pour l’émission « Actu en régions».


S’il y a une chose et une seule à retenir de Sudcom c’est pour moi cette école qu’elle a été et qu’elle demeure encore. A l’ Issic, à Sudfm ou à Sud Quotidien, nous étions coachés par des grands maitres du journalisme. Nous ne pouvions pas tout nous permettre car nous nous savions surveillés, écoutés et lus, par eux d’abord. Aucune faute ne leur échappait. Je me souviens cette correction du Président Directeur Général Babacar Touré, qui nous demandait de ne plus dire à la radio : « quelqu’un est allé faire ses besoins » car la signification en français n’avait rien à avoir avec ce que nous voulions dire. Je me rappelle Chérif, qui, lors des réunions de rédaction, muni d’un bout de papier, revenait sur toutes les fautes qu’il avait entendues, avant de discuter de l’agenda du jour. « Ton reportage est excellent » venant du doyen Abdoulaye Ndiaga Sylla me remplissait de bonheur. 

Je dois conclure mais je ne le ferai pas sans prier pour que cette école qu’est Sud continue d’être un creuset du journalisme. Aux anciens, je dis merci et je vous demande de continuer à jouer votre rôle de maîtres. A ceux qui ont quitté le groupe, je souhaite beaucoup de succès. Mais à tous  ceux qui sont restés dans la barque malgré des opportunités multiples d’aller voir ailleurs et à des périodes très difficiles, je tire mon chapeau. Les ainés ont été très courageux d’avoir osé cette aventure mais vous les jeunes aussi êtes héroïques pour l’avoir entretenue et permettre encore  à de nombreux Sénégalais comme moi, de continuer à avoir comme « voisins de chambre », les journalistes de Sen Radio et de Sud quotidien.

 
 
Commentaires (5)
Posté par mamadou diop, 2011-04-08T12:53:40+00:00  
dieuredieuf Mr l'inspecteur serigne mbaye sady diop yakhame liga beugue sissa carriére yalnalako yalla défalle té takhaoula takhawou sa ndiobote leupe lo yotou yalnagassi diote témou andak wére wérelé djiguela djigue sa ndiobote
sud mome sa kawe sa kaname lima méti rék moye limala dégatoule thi émission yi ndakhe mane dama dane yakamety sa émission
Posté par mamadou diop , 2011-04-08T12:55:43+00:00  
un jour je suis venu jusqu'au ministére pour te rendre visite mais malheureussement tu étais sorti
Posté par Cheikh Ba, 2011-04-08T22:45:32+00:00  
Merci inspecteur;Tu as raison .J etais au departement Lettres Modernes.
Tu as ete reconnaissant et honnete en bon Saint-Louisien
Succes dans votr carriere
Posté par Mame Coumba Fall Sow, 2011-04-11T14:24:01+00:00  
Quelle reconnaissance! Tu n'étais pas obligé tu sais? Mais tu n'as pas pu résister.
Puisses-tu trouver dans la vie ce que tu cherches,
Le reconnaitre quand tu le vois,
Avoir la chance de l'obtenir,
Et la chance de le garder.
Je sais, tu les as déjà entendus ces souhaits, mais je les renouvelle.
Bonne continuation Monsieur l'inspecteur.
Posté par baka sall, 2011-04-29T17:32:36+00:00  
salut mbaye sady
je suis un vieux promotionnaire de charles de gaulle
etant de la même generation,nous partageons les mêmes lectures,je retrouve a travers ta plume les enseignements de notre prof de philo Mr AGNE qui en terminale nous a fait passer de l'adolescence a la vie d'homme.
avec lui l'esprit critique nous a habité.
ce que tu dis de sud est tellement vrai,je reconnais que je n'arrive plus a lire les journaux senegalais avec ce plethore de titres .les articles ressemblent plus a une redaction d'un mauvais eleve de cm2
il m'arrive de lire des articles sans comprendre grand chose
tu as ete un brillant etudiant en philo,je sais que tu peux exceller dans le journalisme si un jour tu choisissais cette voie
chaude poignee de main
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