| LIBRE PROPOS - Par Bacary Domingo MANE- LETTRE A UN SACRIFIE DU SYSTEME |
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| La brise et l’ivresse du pouvoir |
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| Publié le 03/02/2012 | 03H29 GMT par Bacary Domingo MANE
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Bonjour, Ndiaga*. J’ai reçu la visite des Muses, la nuit dernière, après le geste salvateur de libation. Et je voudrais, sous la dictée des anciens, ces morts qui sont toujours parmi nous, te livrer quelques confidences.
Tu comprends aisément qu’ils soient préoccupés par la situation que traverse le pays depuis que les cinq sages ont, contre vents et marées, décidé de valider la candidature très controversée du Président Wade. A plus de 90 ans, il s’est engagé à briguer un troisième mandat, avant de prendre sa retraite pour entrer au « panthéon » de ces créatures de Dieu qui ont vécu un siècle sur terre. |
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Ndiaga, le « Vieux » - je sais qu’il te manque – a encore parlé !
Il a déclaré au Grand Théâtre de Dakar, à l’occasion de la cérémonie de remise du Grand Prix du président de la République pour la promotion de la femme, que les récents évènements malheureux qui ont fait au moins cinq morts, sont juste « une brise ».
Permets-moi, sans vouloir paraître aux yeux de certains comme quelqu’un qui ne respecte pas les vieillards, de faire une remarque. Et cela, à la suite d’un long constat, après plusieurs actes posés par le candidat à la présidentielle, le plus âgé de la Planète, je puis affirmer que quelque chose de très grave est en train de se passer. Il y a des signes qui ne trompent guère, surtout lorsqu’ils annoncent des lendemains qui déchantent.
Ndiaga, le premier des Sénégalais a goûté à la drogue dure du pouvoir. Il est pris de vertige. La tête tourne d’ivresse, les jambes ne tiennent plus ; il titube. Le sourire de l’insouciance au coin des lèvres. Il est, pour parler dans un langage trivial, dans les « Vapes ». Que dire de ses gestes de désinvolture ? L’ivresse du pouvoir lui est montée à la tête. Le « Vieux » s’est enfermé dans son monde, perdant ainsi tout sens du réel. Ndiaga – ne fais pas attention à mon sourire sarcastique - il me renvoie l’image du vieux Balante sirotant tranquillement, au cabaret, son vin blanc contenu dans une calebasse et qui est resté sourd au bruit ambiant d’un monde qu’il a choisi de fuir. Celui du vrai Sénégal. Par lâcheté ? A la symphonie d’un monde parfois à la réalité insondable, il a préféré les décibels d’un « moi » déconnecté, à mille lieux de ce que le réel donne à voir.
Ndiaga, le « Vieux » est en perte le réseau. Tu comprends ce que je veux dire ! Son temps n’est plus le nôtre. N’allez surtout pas lui demander de tâter le pouls du peuple pour avoir une idée de la demande sociale. Il s’est glissé dans la peau du monstre froid. Ndiaga, n’as-tu pas le sentiment qu’il y a quelque chose de diabolique dans le pouvoir ? Je reste très confus sur la question. Mais les agitations du « Vieux » me poussent, parfois, à le croire. Il aime la confrontation et certains vont jusqu’à dire que c’est dans des situations difficiles qu’il trouve son salut.
Ndiaga, je ne t’apprends rien. Le sang est la « boisson » quotidienne du vampire. Que vaut alors celui (sang) de quatre pauvres Sénégalais pour quelqu’un qui a décidé de marcher sur des cadavres pour se maintenir au pouvoir ? C’est tout le sens de cette « brise » qui a, à peine, secoué quelques feuilles de l’arbre social. Le « Vieux » souhaite, peut-être, dans le silence de sa conscience, que l’ouragan s’abatte sur le pays pour, dans le tourbillon de l’ivresse, exécuter la danse du scalp.
Ndiaga, je viens de recevoir la visite de ma sœur. Elle vient du village où la famine s’est déjà signalée. Je suis, alors, dans l’obligation de prendre congé de toi. La dernière fois nous étions en train de discuter sur la situation des jeunes candidats à l’immigration et qui ont gouté, parfois au prix de leur vie, au bonheur du désespoir.
*Ndiaga Diouf, est le jeune tué lors de l’attaque de la mairie de Mormoz-Sacré.
Vous pouvez lire la première Lettre à un sacrifié du système publiée le 4 janvier 2012 à Sudonline. |
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| Commentaires
(2)
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Posté par tige, 2012-02-10T11:13:02+00:00 |
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Tellement vrai cette lettre que j'ai l'impression qu'elle m'est adressée. Quand on pense que tout monde se disait qu'au 21eme siècle, Idy Amine, Bokassa, Mugabe, ne seraient que des histoires de personnages à faire peur à nos enfants nés dans la dernière partie du 20ème siècle, malheureusement on se trompait car l'histoire est entrain de se réécrire pas dans n'importe quel pays mais au Sénégal notre cher Sénégal ou la démocratie était notre fierté. |
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Posté par Le vrai., 2012-05-03T14:11:30+00:00 |
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Le poids des mots de cet article devrait au moins inciter Mme Aissata Tall a être honnête avec sa conscience. Elle qui veut la liberté d’un gangster du Far-West de la Sicap. Il devrait surtout faire prendre conscience aux électeurs que la liste où figure ou figurerait le nom de cet assassin ne mérite d’avoir aucun député. L’alternance, nous l’avons souhaité, mais pas pour voir la compromission du Président de la République. Ce Bonjour Ndiaga est comme la lettre de Douga lue par l’émotive voix de Madame Aminata Sow Fall. Oui, bonjour Ndiaga, je ne te connais pas, je ne t’ai jamais connu, je ne te connaitrais jamais, mais tu ne seras pas mort pour rien. Car, à mon âme et conscience et avec la force de mes mots, je mènerais un combat pour que vaine ne soit pas ta vie. Lorsqu’un homme refuse, il dit non. Je dis non à la volonté de certains politiciens de vouloir passer en perte -a mort de Ndiaga- et profit- l’élection de Barthelemy comme député- la vie d’une victime de ceux qui eurent aussi à se défroquer devant Wade. La justice nous réclamons et non la récompense. Aujourd’hui, si j’avais un mot à hurler envers Benno Bokk yakaar, ce serait : niakh Fayda.
Le vrai.
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