Les mains du Président
Publié le 02/01/2012 | 03H29 GMT par Bacary Domingo MANE
 
Le Président Wade a fait irruption, dans nos salons, le 31 décembre dernier, sous des traits tirés. La fatigue se lisait sur son visage. Sa voix tremblante renforce le sentiment que le premier des Sénégalais était très mal à l’aise. Nous avons vu un Chef de l’Etat désarmé, qui s’est livré aux téléspectateurs, en montrant sa posture « d’humain, trop humain ».
 
Même la magie de la Télé - avec le prompteur qui donne l’illusion d’une maîtrise du sujet - n’a pu sauver ce Président en qui la nature s’est exprimée sans détour. L’âge est une donnée biologique. Ça s’est vu sur la petite lucarne ! Même si l’on peut concéder à Pierre Bourdieu qu’il est une donnée socialement manipulable et manipulée. Les grimaces du corps ont trahi un Président qui vit, comme une obsession, le besoin d’afficher, à tout bout de champ, sa bonne santé, en dépit  du « drame » biologique qu’il est en train de vivre.

Ce déchirement entre ce qu’il est (un vieux de 90 ans ) et ce qu’il voudrait être ( le « jeune » aux bretelles débordant d’énergie des années 2000», s’est traduit par un discours sans âme, d’où la conviction s’est exilée. C’est un truisme de dire que le Président n’a pas convaincu. Un discours long (qui a duré 1h20mn), ennuyeux, décousu, désarticulé, pour ne pas dire déstructuré. Comme si la nature s’est liguée contre Wade ; même les techniciens n’ont pu sauver la face du Président, avec ces nombreuses coupures ou césures dans le montage. Nous en avons dénombré plus d’une cinquantaine.

Le chef de l’Etat a offert au début de son discours l’image d’une marionnette et à la fin, celle d’une personne « agitée » qui voulait prendre, en vain, sa revanche sur le biologique.

Le président de la République a utilisé un prompteur. Mais il a voulu cacher son jeu aux téléspectateurs, en faisant croire qu’il lisait son discours sur les feuilles. Seulement, à ce niveau, Wade a manqué de finesse. C’était trop flagrant !
Les gestes utilisés en disent long sur la nature profonde du Chef de l’Etat.

Me Wade a fait usage des Inducteurs, avec une main scotchée à la table et l’autre en mouvement. Il a utilisé la main gauche comme inductrice d’éloquence. Ce qui signifie que le Président a mis en avant ses émotions plutôt que son esprit critique.

Me Wade avait aussi les mains en prière, avec les pouces cassés. La supplication paraît évidente envers des téléspectateurs loin d’être acquis à sa cause. Le désir de les « émasculer » pour mieux les dompter, est perceptible.
Le Président, se servant toujours de ses mains, a recouru à un geste nommé le paravent (le fait de poser sa main en paravent du côté de sa bouche). Ce geste rappelle l’image stéréotypée du fourbe de comédie, comme l’a dit Joseph Messinger.

Que dire alors de ses mains polarisées, celles qui sautent de droite à gauche et vice-versa. On dirait que Me Wade peinait à choisir son camp. Ces mains trahissent un tempérament alternatif, incapable de prendre une décision claire. Le discours du Président manque de fil d’Ariane.

Le Chef de l’Etat a aussi fait usage de ce qu’on appelle les « mains repoussoirs » ( mains aux doigts écartés qui semblent repousser l’auditoire). La longueur du discours, avec ce message implicite : « Attendez ! Je n’ai pas fini ! », donne cette impression qu’il peinait à conclure son discours. Les monteurs n’ont pas su effacer cette image d’un Président se grattant, du bout des doigts, le sourcil (c’est ce qu’on appelle les sourcils chatouilleux). Nous avons affaire à un sujet versatile, la marque, disent les spécialistes, de l’homme de pouvoir à géométrie variable et à responsabilité relative. Ce Wade que nous avons vu était difficile à situer.

Enfin, le Chef de l’Etat a fait ce qu’on appelle le croisement de doigts en chevron (tressage digital). Le Président qui était seul face aux Sénégalais (nous sommes dans le monologue) avait besoin d’une dose d’affection. Ne pouvant pas avoir des autres, il se donne la main pour s’accorder cette dose d’affection pour mieux affronter le regard impénitent d’un peuple de plus en plus exigeant envers son Président que la nature a « lâché ».

 
 
Commentaires (2)
Posté par abdoulaye sarr, 2012-01-07T17:36:57+00:00  
D' abord vous souhaitant une bonne et heureuse année 2012.
Mon seul souci est notre sénégal de jadis qui est aujdhui trahi ,renversé par ce wade mechant et perver qui espère raser tout ce peuple avant sa mort.
Bravo à toutes forces qui d'où qu 'elles viennent pour la paix du pays.
Mr SARR depuis paris
0033751257718
Posté par Raphael Bouet, 2012-02-03T12:47:43+00:00  
Une seule chose qu'il faut retenir les sénégalais passeront mais la république du Sénégal demeurera d’où inutile de détruire le Sénégal pour un WADE qui ses jours sur terre peuvent être comptés. Croyez moi peuple Sénégalais même les changements les plus souhaites ont toujours leurs mélancolies et on reconnait souvent la valeur de sont cheval que lorsqu'on est à pied. Ne partez pas à une nouvelle page de l'histoire du Sénégal dans violence mais en douceur. Nos pays qui ont connu des violences politiques ne cessent de le regretter alors Wade n'est pas éternel sur terre il va partir bientôt chez nos ancêtres c'est pour dire que si vous aimez le Sénégal plus que Wade n’optez pour la violences mais plutôt peut être faire une coalition forte avec un seul candidat et je pense qu'il perdra.Au cas contraire il serait mieux d'attendre la sanction naturelle qui est l'appel à Dieu de monsieur Wade.
Peuple Sénégalais ne vous faites tromper par les politiciens véreux. Aujourd’hui c'est Wade qui enrichit sa famille mais demain ça pourra été une personne viendra pour enrichir non pas seulement sa famille comme Wade mais aussi ses chiens , ses moutons et ses cabris.
Merci à bon entendeur salut.
Raphael Bouet depuis CONGO-BRAZZA.
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