| L’ AMBASSADEUR JEAN KOE NTONGA, SUR LA PRESIDENTIELLE CAMEROUNAISE |
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| Que le porteur du meilleur projet gagne |
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| Publié le 06/10/2011 | 01H44 GMT |
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Ambassadeur du Cameroun au Sénégal, au Mali, en Mauritanie et en Gambie, S.E Jean Koe Ntonga relativise les appels au boycott de l’élection de dimanche et se félicite que la diaspora puisse participer au choix du futur Président de la République.
Cette interview a été réalisée par Sud FM |
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Le Cameroun va aller à une présidentielle le 9 octobre prochain. C’est la première fois que les Camerounais de l’Etranger vont pouvoir voter. Qu’est-ce que cela change pour le pays ?
Cette élection est historique pour les Camerounais de la diaspora. C’est la première fois depuis l’indépendance en 1960, qu’on tient une telle élection. Et tout est à l’honneur du président Paul Biya qu, lors d’une visite officielle en France en juillet 2009, avait été sollicité par ses compatriotes de la diaspora de France mais aussi de tous les pays. Le président avait accepté d’examiner le principe de cette participation des Camerounais de l’extérieur. C’est pourquoi ici au Sénégal, les Camerounais vont pouvoir voter pour la première fois dimanche.
Quels sont les enjeux de cette élection pour le Cameroun ?
Le premier enjeu est politique. Il s’agit, par ces élections, de consolider la paix et la stabilité du pays. L’unité du pays en dépend. Il faut également renforcer la démocratie camerounaise, la consolider et consolider aussi la bonne gouvernance, car le développement ne peut se faire sans elle. Dans une autre perspective, la démocratie s’exerce aussi par la liberté de presse et d’opinion. Le processus de décentralisation doit se poursuivre pour que le pouvoir puisse être exercé effectivement par le peuple.
Sur le plan économique, cette élection va être une nouvelle étape sur la voie de l’émergence. Le président Paul Biya a fixé l’an 2035 comme horizon pour l’émergence. Nous avons besoin d’une économie forte et prospère qui soit le soubassement, la motivation de la paix et de l’unité. 70% de la population est agricole, et cette élection doit permettre de consolider les politiques agricoles. Les ressources du sol, agricoles, minières, doivent permettre au Cameroun de se développer. Le prochain septennat sera celui des grandes réalisations : les barrages, les infrastructures. Il faut que la croissance permette la création d’emplois, de petites entreprises et que les Camerounais puissent créer eux-mêmes des emplois. L’éducation doit donc suivre.
L’enjeu social est avant tout la lutte contre les inégalités, car le développement ne peut se faire sur la base des inégalités. Dans le cadre de l’éducation, la création d’Universités a été une grande réalisation des mandats du président Biya. Par ailleurs, la corruption qui sévit un peu partout existe au Cameroun aussi. Il faut assainir le climat social. La santé doit également être une priorité, notamment la lutte contre les pandémies dont le VIH Sida. Le Cameroun essaie d’aller dans le sens de la distribution gratuite de médicaments.
A l’heure actuelle, l’école publique est gratuite au Cameroun. Le dernier enjeu, c’est bien cette participation historique de la diaspora. Nous devons amener les Camerounais à être patriotes, à influencer le jeu politique.
Combien y a-t-il de Camerounais de l’Extérieur qui sont appelés à voter pour cette élection ?
Environ 25 700. C’est un pourcentage minime, mais il est important, car il représente la participation de tous les acteurs camerounais, et pas seulement ceux de l’intérieur : nous sommes considérés comme les autres et nous participons tous ensemble à ce choix si important. La présidentielle de dimanche est également habitée d’un enjeu diplomatique, au niveau de la préservation des relations du Cameroun avec les pays africains. Le Cameroun doit poursuivre sa politique de coopération sans frontières, de main tendue et de dialogue. Nous prônons la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays.
Est-ce que le Cameroun est vraiment prêt à aller à cette élection ? L’annonce de la date du scrutin est intervenue très tard, et on craint quelques retards dans l’organisation…
Le Cameroun est prêt, comme en témoigne la mise en place des structures chargées d’organiser le scrutin. Elections Cameroun ( Elecam ) a été créée en 2006 et mise en place en 2009. C’est l’organe chargé de l’organisation, la gestion et la supervision des élections. Outre l’organe central, il y a les démembrements à l’échelle de tout le pays : 10 délégations régionales, 58 agences départementales et 350 antennes communales. Sans compter les points focaux à l’étranger, comme ici à Dakar.
Mais avant d’en arriver à ces élections, il y a eu des réalisations : un toilettage des listes électorales. Au cours du dernier scrutin de 2007, il y avait environ 4 millions 800 000 électeurs. Avec la refonte du fichier électoral, on est passé à un électorat de 7 millions 500 000. Soit plus de 2 millions 700 000 nouveaux inscrits. Et il y a 24 591 bureaux de vote, plus ceux qui sont à l’étranger. Pour vous dire que nous avons tout fait pour que cette élection ne connaisse pas de couacs.
Vous évoquez les bureaux de vote. On sait qu’il y a des retards dans la distribution des cartes d’électeurs et que certains votants ne savent même pas dans quel bureau ils devront aller déposer leur bulletin dans l’urne…
Je vous consens cela, je suis les médias aussi. On ne peut pas apprécier ce qui se passe. Mais ce que je peux dire, c’est que tout se passe relativement bien au Cameroun. Je dis relativement, parce qu’évidemment, il y a eu engorgement. Et ça ne va pas si mal. Des mesures sont en train d’être prises pour que tous les Camerounais puissent avoir leur carte d’électeur. Et le gouvernement a fait savoir que ceux qui ne les auront pas pourront voter avec leur récépissé, ou bien ils pourront trouver leur carte la veille ou le jour même du scrutin, au bureau de vote. C’est hasardeux, mais des mesures sont prises : les endroits où on retire les cartes d’électeurs ont été doublés, et même triplés à Yaoundé ou à Douala. On ne peut pas dire en préjugeant comme cela, « ça va mal ».
Et comment les Camerounais vont-ils voter ici à Dakar ?
On a mis en place un point focal Elecam et des commissions d’inscriptions sur les listes électorales, de distribution des cartes d’électeurs arrivées vendredi dernier à Dakar. On a déjà distribué plus de trois cent cartes (derniers chiffres de mardi) sur cinq cent quatre-vingt électeurs. A notre niveau, cela se passe bien. Le vote se déroulera de 8 heures à 18 heures dimanche au siège de l’ambassade du Cameroun. Le dépouillement se fera ici, en toute transparence. L’élection est placée sous le signe de la transparence, de la crédibilité, de la sincérité. Ce n’est pas seulement pour mon honneur ; c’est la crédibilité du Cameroun qui est en jeu.
Est-ce que cette élection intéresse les Camerounais de Dakar ? Le débat politique est-il aussi dense qu’au Cameroun ? Il y a certes une représentation d’un parti, celui du président Biya, mais pas des partis de l’opposition ici au Sénégal.
C’est un engouement. Ils sont satisfaits d’avoir leur place dans cette élection, une place qui leur revient depuis 1960. Les Camerounais de Dakar sont enthousiastes. Mais ici, seul le RDPC, le Rassemblement du Peuple Camerounais est représenté. Pourtant, nous avons fait des communiqués pour sensibiliser les ressortissants. Parmi les partis des 22 autres candidats, s’il y a des représentants à Dakar, ils n’ont qu’à venir ici à l’ambassade. Mais il n’y a que les RDPC. Les autres, on ne les voit pas. J’ai ouvert la campagne électorale pas seulement pour le RDPC mais pour tous les partis, tous les Camerounais, à la maison de la culture Douta Seck. L’ambassade est neutre et impartiale. Je suis pour tous les Camerounais, tous les partis politiques. Le débat est animé, mais la vraie question, ce n’est pas celle des partis politiques, mais qu’est ce qu’on veut pour le bien du Cameroun ? En réalité, il n’y a pas d’opposition tranchée, car nous avons les mêmes objectifs à défendre : ce que nous voulons, c’est la paix, le développement. Nous avons les mêmes objectifs, les mêmes ambitions, les mêmes besoins. Celui qui a le meilleur projet qui doit gagner.
Mais certains Camerounais de la diaspora ont récemment créé un front uni pour le boycott actif du scrutin. Cela semble montrer que l’engouement dont vous parlez n’est pas si généralisé…
Il n’y a pas de raison pour qu’aujourd’hui on dise : « il faut boycotter ». C’est un non-sens et une contradiction intime : ils ont demandé à participer à l’élection présidentielle depuis longtemps. C’est une minorité qui est en train de gesticuler ainsi. Ils ont leurs raisons, et on ne conteste pas, puisque c’est la démocratie au Cameroun. Mais la très grande majorité des Camerounais est d’accord pour aller au vote. Nous sommes de tout cœur avec la mère patrie, car, pour cette élection, c’est un acte patriotique, un acte de civisme. Et je crois que le scrutin se déroulera très bien, dans la concorde et la compréhension.
Les autorités sénégalaises ont-elles été partie prenante dans l’organisation du scrutin à Dakar ?
Je tiens à exprimer nos remerciements aux autorités sénégalaises qui accueillent les Camerounais. Les Camerounais sont ici chez eux. Mais en plus, elles nous ont donné, à notre demande, les urnes transparentes et les isoloirs. Nous remercions non seulement le gouvernement mais également tout le Sénégal pour la coopération, la sollicitude manifestée à notre endroit. La « teranga » n’est pas un vain mot.
Interview réalisée par Sud FM
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