SENEGAL - Le soleil se levait, jusqu'en 2011, à l'Est
Publié le 31/01/2012 | 03H17 GMT
 
Le degré très avancé de l'état de déconstruction et le très fort niveau de déconfiture ont commencé, au Sénégal, à installer la Nation dans une incertitude plus évidente qu'une nuit sans aube. Média, acteurs sociaux de tout genre et hommes de toutes les obédiences s'agitent. Et ne cessent de se mesurer en utilisant, sans éthique, tous les procédés propres à la violence. Pourquoi cette propension à la démesure dans un pays où les ressources principales restaient, jusqu'ici, la mesure et son corollaire qui est, notamment, la distance critique ?
 
La cruauté des agresseurs et l'intensité du chaos dans lequel le peuple évolue deviennent de plus en plus ahurissantes.

Oui, le chaos s'accentue. Ses effets sont menaçants. Car les besoins de positionnement qui participent, naturellement, du pré combat politique expliquent le propagandisme à outrance qui perturbe l'équilibre républicain.
De jour en jour une évidence continue, devant la montée du péril électoral, de se consolider. Et l'opinion constate que l'Etat n'arrête de gouverner que la campagne électorale au lieu de n'être qu'à la disposition du service public national.
Confusion et conspiration demeurent les uniques ressources du pouvoir. Car l'expression avancée de la non-existence de l'Etat suffit, largement, pour prouver le caractère assez poussé du chaos dans lequel le pays est installé.
Certains faits contribuent à corroborer le niveau du désordre dans lequel baignent les institutions.
- Une médiatisation au service de la violence
- Un affrontement permanent entre le pouvoir et les acteurs sociaux ou les leaders de base
- L'absence de moralité.
L'année 2011 a été, sans conteste, celle de la politique bavarde et celle de la bataille froide entre leaders semeurs de stigmatisation et d'intoxication. La politique serait-elle le seul espace où le dénigrement, la calomnie et l'arrogance restent les seules règles ?

Il n'est que temps d'y mettre fin avant que l'escalade du délitement de l'autorité, devenue permanente, ne soit chronique. Car la permanence de la pagaille inquiète, agace et menace l'avenir très malmené. Et, de surcroît, rendu incertain du fait de la confusion des pouvoirs, de la corruption, du népotisme et du diktat induit par l'existence de rentes de situation.
Il est important de noter que l'émancipation citoyenne l'emporte, maintenant, sur le sentiment militant qui était bâti, essentiellement, sur le subjectivisme, le culte de la personnalité, le populisme et le népotisme.
Sans oublier l'intransigeance induite par les exigences citoyennes qui sont nées de la non-résolution de la demande sociale. Elle est devenue persistante devant la fréquence des impasses stratégiques accusées par les politiques nationales sans impact.

Parce que la Majorité Présidentielle gouverne le chaos au lieu de le débrouiller. Le contre pouvoir national s'atomise au moment où une nucléarisation demeure, en somme, une priorité.
Comment sortir, en fait, de l'infantilisme et du puérilisme politiques ?

L'impasse et l'insurrection guettent, selon toute vraisemblance, le pays pris en otage par un pessimisme social qui se développe sans arrêt. Tous les acteurs politiques s'agitent et préconisent, à dessein, une déconfiture méthodique de la paix sociale. Menaces et mises en demeure sont devenues, en cette période pré électorale, la méthode mise en action pour gagner en pré positionnement.

Le soleil se levait, jusqu'en 2011, à l'est. Mais  les populations  sont conscientes de la situation  politique qui sévit au Sénégal. Elles  doivent, avec un patriotisme éclairé, réussir la continuité de l'Etat. En évitant les incendies politiques qui entrainent, souvent, la panne d'une république et qui bloquent le futur de toute une nation.
Mais, attention ! L'étape actuelle devient préoccupante car elle n'est  ni semblable à  celles, de 1962, de 1968, de 1970, de 1980 ou de 2000.  Parce que le contexte interpelle chaque citoyen.

Heureusement, l'intelligence citoyenne nationale a gagné en quotient politique. Et chaque Sénégalais se refuse de brûler la Nation que le peuple a construite afin que le Sénégal reste un Etat où des hommes de conviction et d'autorité entendent déployer, sans violence, leur génie.

Par Wagane FAYE -
Professeur d'Anglais - Expert Associé à CARED Afrique -
E-mail : ngenbale@hotmail.fr
 
 
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